Pendant que Macron « sauve le monde », les problèmes de la France s’aggravent et le gouvernement pourrait tomber

L’implication croissante du président dans la guerre en Ukraine et dans la reconnaissance d’un État palestinien intéresse beaucoup moins les citoyens français. Ceux-ci se préparent à des grèves massives contre les coupes budgétaires, alors que l’économie du pays traverse une crise profonde. La politique étrangère d’Emmanuel Macron suscite de vives réactions en Italie et aux États-Unis, et pourrait mener à la chute du gouvernement de la République. Le ministère français des Affaires étrangères devra travailler des heures supplémentaires cette semaine : deux ambassadeurs, l’américain et l’italien, ont été convoqués pour une mise au point après leurs critiques concernant le président sur l’antisémitisme, la guerre en Ukraine et la reconnaissance attendue d’un État palestinien le mois prochain.

Le président français Emmanuel Macron. Son année scolaire s’ouvre sous la tempête. (Photo : Ludovic MARIN / AFP)

Un tsunami social à l’horizon

À l’intérieur du pays, les ennuis ne manquent pas non plus. Une grève générale est prévue le 10 septembre pour protester contre les réductions budgétaires annoncées, d’un montant de 44 milliards d’euros. Les Français refusent de mettre la main à la poche et pointent du doigt les grandes fortunes.

Le Premier ministre François Bayrou a laissé entendre qu’il pourrait adopter le budget en utilisant un article impopulaire qui permet de contourner le vote à l’Assemblée nationale. Le 8 septembre se tiendra également un vote de défiance annoncé par Bayrou, un vote qui pourrait entraîner la chute du gouvernement. La gauche radicale (« La France insoumise ») et le Rassemblement national de Marine Le Pen ont déjà annoncé qu’ils ne soutiendraient pas le gouvernement. Si Bayrou pensait que le vote dissuaderait les manifestations — qui risquent de se transformer en boule de neige de protestations — il pourrait bien se tromper.

Les attaques venues de l’étranger

L’été de Macron a été consacré presque entièrement à la politique étrangère. Le président continue de mener la politique européenne, mais faute de solution à la crise budgétaire, il tente de gagner en popularité grâce à son soutien à l’Ukraine et à la reconnaissance imminente d’un État palestinien.

Cette stratégie suscite aussi des critiques. En mai, Macron a déclaré que la clé d’un cessez-le-feu en Ukraine serait la présence de forces françaises et britanniques sur le terrain. Interrogé la semaine dernière sur la possibilité d’une participation italienne à un tel déploiement, Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, a répliqué que Macron « radote depuis des mois sur la guerre, le parapluie nucléaire, les bazookas, les missiles et l’armée européenne. Vous savez quoi ? À mon avis, il fait ça parce que sa popularité à la maison est en chute libre. Un jour il attaque Trump, le lendemain Poutine, ensuite Netanyahou, puis le gouvernement italien ».

À la suite de ces propos, la France a convoqué l’ambassadrice italienne à Paris, Emanuela D’Alessandro, pour une remontrance au Quai d’Orsay, qualifiant les propos de Salvini « d’inacceptables et contraires à l’esprit de confiance mutuelle entre nos deux pays ». Mais Salvini a persisté et, samedi, il a déclaré que Macron ferait mieux de « mettre un casque et un gilet pare-balles, prendre son fusil et monter dans un tram pour l’Ukraine », une expression du nord de l’Italie qui signifie « va au diable ».

Matteo Salvini : « Macron radote parce que sa popularité est en chute libre. Qu’il mette un casque et un gilet pare-balles et qu’il parte en Ukraine. » (Photo : AP)

Les critiques américaines

L’attaque la plus sévère est venue des États-Unis. L’ambassadeur américain à Paris, Charles Kushner, père de Jared Kushner et proche de Donald Trump, a publié une lettre ouverte dans le Wall Street Journal. Il y exprime sa profonde inquiétude face à la montée de l’antisémitisme en France depuis le 7 octobre — 504 incidents signalés depuis le début de l’année — et affirme que « les autorités françaises en portent la responsabilité ».

Kushner a aussi critiqué Macron pour ses déclarations fréquentes sur la guerre à Gaza et sur la reconnaissance d’un État palestinien, qu’il a qualifiées de « jeter de l’huile sur le feu de l’antisémitisme en France ». Le ministère français des Affaires étrangères a rapidement rejeté ces accusations, affirmant que « la hausse de l’antisémitisme depuis le 7 octobre est une réalité insupportable que les autorités françaises combattent de toutes leurs forces ».

Le président Trump. Le département d’État a soutenu l’ambassadeur. (Photo : Mandel NGAN / AFP)

Un climat explosif à la rentrée

Les attaques contre Macron viennent précisément des trois fronts auxquels il consacre son énergie :

1. La politique intérieure et le gouffre de la dette nationale, qui menace l’économie de la troisième puissance européenne.

2. La politique étrangère : son rôle en Ukraine et sa volonté de faire reconnaître un État palestinien.

3. La lutte contre l’antisémitisme, où il est accusé d’inefficacité.

Les protestations, comparées à un retour des gilets jaunes, se préparent depuis des mois. Elles sont amplifiées par les partis d’opposition, et risquent de plonger la République dans une instabilité sociale et économique encore plus grave.

Pendant ce temps, Macron poursuit ses contacts internationaux. Hier encore, il écrivait : « J’ai parlé avec l’émir du Qatar de la situation dramatique à Gaza. La famine à Gaza est un crime qui doit cesser immédiatement. Un cessez-le-feu permanent, la libération de tous les otages, l’acheminement massif d’aide humanitaire et une solution politique durable incluant le désarmement du Hamas et la stabilité : nous travaillons en étroite collaboration avec le Qatar pour que les efforts des médiateurs réussissent, en vue de la conférence sur la solution à deux États qui se tiendra à New York le 22 septembre. »

« La déconnexion de Macron de ce qui se passe dans son propre pays et sa focalisation sur la politique étrangère pourraient bien lui exploser au visage. Malgré l’importance du soutien européen à l’Ukraine et la tentative de trouver une solution à la guerre à Gaza, les citoyens de la République exigent qu’il tourne d’abord son regard vers l’intérieur et leur apporte des solutions avant de vouloir sauver le monde. »

Sarah Ben – Fondatrice de Trouver en Israël 

Subscribe
Notify of
guest
2 Commentaires
Oldest
Newest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
KALIFA Serge Wilfrid
KALIFA Serge Wilfrid
3 months ago

Excellente analyse de l’ensemble des “problèmes” que rencontre -mistère-… mac.on ! Mais bon, je n’ai pas très bon tout ça pour nos retraites si (certains !) de 8 à 12 millions ils passeraient à plus de18, voire 20 millions…
Alors le déficit n’aurait pas assez de “0” (zéro) pour le chiffrer et vider ainsi le peu qui nous reste sur notre -maigre- retraite, bloquée, depuis…, depuis… !!!

KALIFA Serge Wilfrid
KALIFA Serge Wilfrid
3 months ago

…/… Mais bon, -CE N’EST- pas très bon… …/…

Nos professionnels

Nous référençons votre activité sur notre site.

Pourquoi nous rejoindre ?

Nous sommes la référence dans la recherche de professionnels franco-Israeliens.

Contacter par mail