Israël face à une impasse politique durable : ce que le dernier sondage révèle vraiment

Un paysage politique figé malgré les mouvements apparents

Le dernier sondage électoral hebdomadaire, réalisé le 5 février 2026, donne l’illusion d’un système politique stable. En apparence, rien ne change réellement : les mêmes partis dominent, les mêmes figures restent en tête, et aucune force nouvelle ne s’impose. Pourtant, à la lecture attentive des chiffres, ce sondage raconte une réalité bien plus préoccupante : celle d’un pays sans issue politique claire.

Le Likud, dirigé par Benjamin Netanyahu, reste le premier parti avec 26 mandats, malgré une baisse d’un siège par rapport au sondage précédent. En parallèle, la formation de Naftali Bennett poursuit sa progression et atteint 23 mandats. Deux partis forts, deux dynamiques différentes — mais aucune majorité possible.

Netanyahu et Bennett à égalité : un signal politique fort

Le chiffre le plus marquant du sondage ne concerne pas le nombre de sièges, mais la perception du leadership. Pour la première fois depuis plusieurs mois, Netanyahu et Bennett sont strictement à égalité dans l’adéquation au poste de Premier ministre, avec 40 % chacun.

Cette égalité est révélatrice à double titre. D’un côté, elle confirme l’érosion progressive de l’avantage personnel de Netanyahu, longtemps perçu comme sans rival. De l’autre, elle montre que la montée de Bennett ne se traduit pas, à ce stade, par une alternative claire capable de rassembler une majorité parlementaire.

Face à Lapid ou Eisenkot, Netanyahu conserve une avance nette. Mais cette domination relative ne suffit plus à produire une stabilité gouvernementale.

Une Knesset éclatée, sans bloc décisif

La répartition des mandats confirme une fragmentation extrême. La Liste arabe commune obtient 12 sièges. Les Démocrates de Yair Golan et le parti d’Eisenkot atteignent chacun 10 mandats. Les partis Shas, Israël Beiteinu et Otzma Yehudit se situent entre 8 et 9 sièges.

Ce morcellement empêche la formation de blocs homogènes. Plus révélateur encore, plusieurs figures politiques connues restent sous le seuil électoral, parmi lesquelles la Sionisme religieux, Bleu Blanc, les milouïm de Yoaz Hendel et la formation d’Ofer Winter.
Le sondage ne montre donc aucun renouvellement politique réel, ni émergence d’une force capable de redistribuer les cartes.

Même en changeant les scénarios, rien ne change

L’un des éléments les plus parlants du sondage est souvent passé sous silence : même lorsque l’on modifie la configuration des listes arabes — unies ou séparées — les résultats globaux restent pratiquement inchangés.

Le Likud reste à 26 sièges. Bennett reste à 23. Les équilibres ne bougent pas.
Ce constat est lourd de sens : le système est bloqué structurellement, indépendamment des alliances techniques ou des ajustements tactiques.

Une majorité impossible sans les partis arabes

Le sondage met en évidence une réalité politique sensible mais incontournable : aucun camp ne peut aujourd’hui former un gouvernement sans le soutien, direct ou indirect, des partis arabes.
Ce facteur, loin d’être ponctuel, devient une constante de la vie politique israélienne et renforce la difficulté à construire des coalitions durables et cohérentes aux yeux d’une large partie de l’électorat.

Ben Gvir, symptôme d’un malaise plus large

La question du maintien du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir illustre la fracture de l’opinion.
49 % des sondés estiment que le Premier ministre devrait le limoger, contre 40 % qui s’y opposent, tandis que 11 % restent indécis.

Ce résultat ne tranche pas seulement sur une personnalité : il révèle un malaise plus profond, entre attentes sécuritaires, lassitude politique et crainte d’une instabilité permanente.

Gaza : un pessimisme massif et assumé

Le chiffre le plus lourd du sondage concerne l’avenir de Gaza.
65 % des Israéliens estiment que le Hamas restera au pouvoir, totalement ou partiellement.
Seuls 21 % pensent que l’organisation ne restera pas au pouvoir, tandis que 28 % estiment qu’elle y restera pleinement.

Ce pessimisme majoritaire n’est pas anodin. Il traduit une perte de confiance dans la capacité du système politique à produire une issue claire, militaire ou diplomatique, et alimente le sentiment d’un conflit sans horizon lisible.

 

Ce que ce sondage dit vraiment de la société israélienne

Pris isolément, chacun de ces chiffres peut sembler banal. Pris ensemble, ils dessinent un tableau inquiétant : une société qui ne croit plus aux majorités claires, ni aux victoires décisives, ni aux promesses politiques.

Le sondage ne montre pas une crise soudaine, mais une érosion lente et continue de la confiance, tant dans le leadership que dans la capacité du système à se renouveler.

Une stabilité trompeuse aux conséquences lourdes

En surface, la politique israélienne semble stable. En profondeur, elle est figée.
Les mêmes acteurs dominent, les mêmes équilibres se répètent, et aucune issue nette ne se dessine.

Dans un contexte sécuritaire, régional et sociétal extrêmement tendu, cette impasse pose une question centrale, que le sondage ne tranche pas mais met crûment en lumière :
combien de temps encore Israël peut-il fonctionner sans majorité claire, sans alternative évidente et sans perspective politique crédible ?

Quels partis entreraient aujourd’hui à la Knesset et combien de sièges obtiendrait chaque liste, si les élections avaient lieu aujourd’hui ?
Sondage des intentions de vote – février 2026

Le Likud dirigé par Benjamin Netanyahu reste le premier parti avec 26 sièges.
La formation de Naftali Bennett arrive en deuxième position avec 23 sièges.
La Liste arabe commune obtiendrait 12 sièges.
Les Démocrates, menés par Yair Golan et de Gadi Eisenkot recueilleraient chacun 10 sièges.
Shas obtiendrait 9 sièges.
Israël Beiteinu et Otzma Yehudit obtiendraient chacun 8 sièges.
Yesh Atid et Judaïsme unifié de la Torah obtiendraient 7 sièges chacun.

 

Méthodologie du sondage

  • Organisme ayant réalisé le sondage : Medgam – ייעוץ ומחקר, sous la direction de Mano Geva

  • Date de collecte des données : 5 février 2026

  • Population interrogée : échantillon représentatif de l’ensemble de la population israélienne âgée de 18 ans et plus

  • Nombre de répondants : 500 personnes

  • Marge d’erreur maximale : ± 4,4 %

  • Méthode statistique : sondage réalisé selon des méthodes statistiques reconnues

  • Méthode d’échantillonnage : échantillonnage par strates, avec sélection aléatoire au sein de chaque strate

  • Mode de recueil : enquête combinant questionnaires en ligne et entretiens téléphoniques

 
Par : Sarah Ben 
Fondatrice de Trouver en Israël

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