Gideon Sa’ar multiplie les rencontres pour éviter une décision hostile au sein de l’UE
Israël est engagé ces derniers jours dans un combat diplomatique intense, à la veille d’un vote crucial mardi prochain au Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. En jeu : les accusations d’Israël de violations du droit international à Gaza et la possible remise en cause de l’accord d’association avec l’UE.
Face à plusieurs pays européens qui poussent pour des mesures punitives, Jérusalem tente de rassembler un bloc de soutien afin d’empêcher toute décision dommageable. Selon des signaux en provenance du terrain, les efforts semblent commencer à porter leurs fruits.

Crédit photo : Yonatan Sindel / Flash90
Un marathon diplomatique mené par Gideon Sa’ar
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar doit s’envoler lundi pour Bruxelles. Ce sera déjà son troisième déplacement en Europe en deux semaines, signe de la fébrilité de la campagne israélienne. Pendant cette période, il a participé à un sommet dans les pays baltes, rencontré six ministres des Affaires étrangères, deux présidents et un Premier ministre. Son point d’orgue sera une réunion lundi soir avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui a remplacé Josep Borrell et dont la position est perçue à Jérusalem comme plus équilibrée.
L’objectif de Sa’ar et de la diplomatie israélienne : convaincre le maximum d’États membres de soutenir Israël lors de ce vote décisif sur la possible révision de l’accord d’association. Bien que certaines décisions nécessitent un consensus des 27, d’autres, exigeant un « large soutien » seulement, pourraient être prises à la majorité qualifiée. Israël veut éviter les deux scénarios.

Kaja Kallas et le Premier ministre de l’Autorité palestinienne – Photo : EPA
Une rencontre inédite avec la ministre palestinienne
Pour la première fois depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre, Gideon Sa’ar et la ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Dr. Warsan Aghabekian Shahin, se retrouveront dans la même salle lundi à Bruxelles, dans le cadre d’un forum restreint des ministres des Affaires étrangères des pays voisins du sud de l’UE. Selon Euronews, la rencontre avait été initialement reportée en juin à cause de la situation à Gaza et intervient maintenant dans un climat de grande tension entre Israël et l’Europe.
Ce forum, qui ne s’était plus tenu depuis trois ans, réunit dix pays de la région — dont Israël, la Palestine, la Syrie et la Libye — et vise à renforcer la coopération régionale. Il se distingue des grandes assemblées onusiennes par son format plus intime, mais intervient sur fond de débats brûlants à Bruxelles sur de possibles sanctions contre Israël.
Une mobilisation à tous les niveaux
Un haut responsable israélien confie : « Gideon Sa’ar a pris ce dossier à bras‑le‑corps. Il s’y investit personnellement, et les résultats se voient déjà : Israël a réussi à former un bloc significatif en Europe. »
Bien qu’il soit impossible de prévoir le résultat final, des sources européennes estiment qu’il est très peu probable qu’une décision unanime contre Israël soit adoptée. Même des mesures nécessitant seulement un large soutien pourraient être difficiles à faire passer, compte tenu du bloc de pays pro‑israéliens.
Un diplomate européen d’un pays allié affirme : « Un groupe suffisamment important d’États empêchera toute initiative extrême nécessitant le consensus. » Un autre ajoute : « Il existe des équilibres complexes au sein de l’UE, mais Israël semble protégé pour l’instant. »

Alliés et opposants d’Israël en Europe
En tête des alliés figurent la Hongrie, l’Italie, l’Allemagne, la Grèce, la Tchéquie, la Bulgarie, Chypre, l’Autriche et les pays baltes.
À l’opposé, des pays comme l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie mènent la charge contre Israël, poussant pour des sanctions. La France reste jugée « problématique » et imprévisible.
L’Allemagne et l’Italie, deux des plus grands États membres, devraient voter en faveur d’Israël. La relation personnelle que Sa’ar a cultivée avec son homologue allemand, Johann Wadpfuhl, est décrite comme cruciale. La semaine dernière à Vienne, Sa’ar a consolidé un « triangle Israël‑Allemagne‑Autriche », deux pays perçus comme très influents et hostiles aux sanctions.
La cheffe de la diplomatie autrichienne, Beate Meinl‑Reisinger, a même affirmé devant le Parlement de Vienne qu’une suspension de l’accord d’association serait une erreur et préjudiciable aussi à l’Europe.
Dernière ligne droite avant le vote
Mardi, les ministres européens examineront dix propositions de réponse aux violations alléguées de l’article 2 de l’accord de partenariat avec Israël. Parmi les options : suspension de l’accord, arrêt du dialogue politique, retrait des avantages commerciaux accordés à Israël — mais, à ce stade, aucune sanction immédiate n’est attendue, en partie grâce aux pressions diplomatiques israéliennes et à l’annonce récente d’un « amélioration significative » de l’aide humanitaire à Gaza.
Côté palestinien, la délégation compte « parler en son propre nom devant les Européens », selon un diplomate, en insistant sur la crise humanitaire à Gaza, la situation économique difficile de l’Autorité (due à un gel de 8,2 milliards de shekels de transferts fiscaux par Israël), et en réclamant des élections et une solution politique.
« On joue sur tous les terrains », résume un responsable israélien. « Les ennemis d’Israël dans l’UE ont déjà essayé deux fois de nous faire tomber. Ça a échoué, et cette fois aussi ça devrait échouer. »
En conclusion
Si un consensus anti‑israélien semble hors de portée, Israël reste mobilisé jusqu’à la dernière minute pour contenir toute initiative négative, dans une atmosphère de tension maximale à Bruxelles.
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