Tribune par Sarah Ben, fondatrice de Trouver en Israël
✡️ Shavouot : Dire oui à l’Histoire, à la terre, à la lumière
Ce dimanche, nous nous tiendrons symboliquement au pied du mont Sinaï. Comme chaque année, ce rendez-vous ancestral nous reconnecte à ce moment unique où nos ancêtres ont dit Naassé venishma — « nous ferons, puis nous comprendrons ». Un engagement absolu, qui a marqué l’entrée d’un peuple dans l’Histoire par l’acceptation d’un texte, d’une loi, d’une responsabilité.
Shavouot n’est pas une commémoration abstraite. C’est un rappel vivant de ce que nous sommes. Un peuple porteur de valeurs, lié à sa terre, à son destin, à sa mission.
Quelques jours avant cette fête, le gouvernement israélien annonce la création de 22 nouvelles implantations en Judée-Samarie. Certains y verront une provocation. D’autres une réponse politique. Mais au fond, c’est bien plus que cela. C’est une déclaration d’identité, dans une région que beaucoup voudraient effacer de notre histoire. Une terre souvent contestée, mais en réalité au cœur de notre mémoire. La Judée-Samarie, ce n’est pas un terme politique : c’est notre colonne vertébrale historique, là où vivaient nos rois, nos prophètes, nos patriarches. Ce geste n’est pas un caprice : il est le prolongement naturel d’un peuple qui rentre chez lui, et qui reconstruit ce qui lui appartient.
Ce choix souverain, assumé, vient rappeler une vérité profonde : nous ne sommes plus un peuple errant. Après des millénaires d’exil, nous avons retrouvé notre terre. Et si Shavouot célèbre le don de la Torah, il est indissociable de la terre d’Israël. Recevoir la Torah en diaspora, c’est porter une étincelle. Mais la faire rayonner pleinement, c’est l’ancrer dans une terre, dans un peuple, dans une souveraineté. Nos textes ne flottent pas dans les nuages — ils prennent corps à Hébron, à Shilo, à Beit El, là même où tout a commencé.
Mais notre histoire n’a jamais été linéaire. Shavouot nous rappelle aussi nos failles. Lorsque Moïse tarda à redescendre du mont, le doute a envahi les cœurs. Le peuple, perdu, a fabriqué un veau d’or. Et pourtant, ce moment tragique n’a pas empêché la Torah d’être donnée. Parce qu’en réalité, ce qui fonde notre force, ce n’est pas la perfection, mais cette capacité que nous avons de tomber… puis de nous relever. Notre peuple, parfois à la nuque raide, a toujours su repartir, apprendre, se transformer. C’est dans cette tension entre chute et élévation que se forge notre identité.
❝ La Torah n’est pas un monument figé.
C’est une lumière qui éclaire le présent
et nous appelle à construire un avenir digne. ❞
— Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk z"al
Recevoir la Torah, c’est donc bien plus que lire un texte sacré. C’est vivre un projet collectif. C’est faire entrer dans notre quotidien l’exigence morale, la fidélité à notre histoire, le courage de nos choix. Et aujourd’hui, alors que le monde nous scrute, nous somme de reculer, Israël avance. Non par orgueil, mais par nécessité. Parce que notre mission ne peut être suspendue au regard des autres.
Peut-être est-ce là, au fond, le sens profond de Shavouot : dire oui à l’engagement, même dans l’incertitude. Dire oui à notre rôle dans l’Histoire, même lorsqu’il dérange. Dire oui à cette Torah vivante, qui ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’être debout. Debout, sur notre terre. Debout, face à notre responsabilité. Debout, en tant que peuple.
Shavouot Samea’h.
עם ישראל חי





Hag SAMÉA’H !!!