Je vais parler comme je parle. Pas comme il faut.
Parce qu’en fait, il n’y a plus de “comme il faut”.
Il y a juste un trop-plein. Une saturation.
On vit dans un monde où on regarde une survivante du 7 octobre,
une fille qui a vu des corps tomber,
qui s’est allongée parmi les morts pour ne pas mourir,
et on lui fait un geste d’égorgement.
À elle. À Yuval Raphael.
Et ça ne fait pas scandale.
Il ne se passe rien.
C’est Israël qui porte plainte.
Mais c’est le monde qui devrait porter plainte.
C’est l’humanité qui aurait dû exploser de honte ce jour-là.
Mais elle dort.
Et moi, je me demande : qu’est-ce qui reste ?
On connaît les phrases.
On les a entendues cent fois :
« Les juifs contrôlent les banques. »
« Les juifs contrôlent les médias. »
« Les juifs contrôlent le monde. »
Toujours les mêmes poisons.
Toujours les mêmes mensonges pour justifier la haine.
Et maintenant quoi ?
On nous parle d’Eurovision, de musique, d’union…
Mais ils déroulent le tapis rouge à des drapeaux anti-Israël,
à des regards froids, à des slogans qui n’ont rien à faire là.
Et pendant ce temps,
une survivante se fait menacer de mort en public.
Et personne ne bronche.
Mais moi je ne peux pas me taire.
Parce qu’en fait, Yuval est une lumière.
Une étincelle qui sort de l’enfer.
Une flamme qu’ils n’ont pas réussi à éteindre.
Juste à la regarder, j’ai la chair de poule.
Parce que cette femme-là,
qui a vécu le pire pogrom de l’État d’Israël,
est aujourd’hui debout,
ravissante,
forte,
vivante,
et elle chante.
Et je me dis :
si elle, elle peut se relever,
alors nous aussi.
On ne doit pas perdre l’espoir.
Ni en nous, ni en notre peuple.
Qu’on soit seuls, brisés, fatigués,
ou qu’on porte un peuple sur les épaules,
on doit continuer.
On doit se battre.
Pas avec des armes.
Mais avec notre foi, notre voix, notre dignité.
Et on doit prendre exemple.
Sur elle.
Sur tous ceux qui sont passés par l’enfer,
et qui en sont sortis en lumière.
Alors Yuval,
merci.
Merci d’exister.
Merci d’inspirer.
Merci d’être là.
Sarah Ben- Fondatrice de Trouver en israel